BÉNIN/ JUSTICE/AFFAIRE DISPARITION DE 4 MILLIARDS À LA DGI: Le verdict de la cour

(Réclusion criminelle de 30 ans et 1 milliard de francs CFA d'amende... pour Carlos Adohouannon)


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Le procès relatif à la disparition de 4,1 milliards des caisses de la Direction Générale des Impôts (DGI) a beaucoup évolué à la CRIET au quatrième jour d'audience, le jeudi 23 janvier 2025

Le rapport de l'enquête de moralité effectuée est favorable à tous les prévenus. Ils ont tous un casier judiciaire vierge avant leur arrestation et ont eu une conduite exemplaire pendant leur détention.

Le représentant de l'Agent judiciaire du Trésor, Me Hélène Aholou Keke, s'est présenté à la cour pour révéler une pièce inscrite à la page 87 du dossier. Il s'agit des relevés sur des transactions financières d'un montant de plus d'un milliards de francs CFA. Une opération de transfert effectuée le 7 juin 2019 d'un compte à un autre. Le 8 juin 2019, un chèque du même montant a été livré et encaissé. Selon l'AJT, cette irrégularité financière prouve à suffisance qu'il y a eu préjudice pour l'État dans ce dossier. Pour réparation, l'État réclame un milliard de FCFA. Le double de ce montant en ce qui concerne le préjudice d'opportunité. Au tour de l'avocat général de l'État, Me Safiatou Bassabi de clouer au pilori les mis en cause. Au regard des faits, elle a prouvé que les infractions sont constituées. Pour chaque prévenu, elle a soigneusement disséqué sans concession les faits pour relever les infractions commises au regard des dispositions du Code pénal. La nature des relations entre le cerveau du coup Carlos Adohouannou et son féticheur Blaise Salanon, leur complicité dans le crime montre, sur la base des dispositions de l'article 449 du code pénal, que les faits d'association de malfaiteurs sont constitués dît l'avocat de l'État. Elle établit également que le détournement de fonds est également avéré au regard des malversations financières dans lesquelles Carlos Adohouannou s'est trempé à la régie financière de la DGI. Elle se base sur les acquisitions mobilières et immobilières de Carlos Adohouannou et de son féticheur Blaise Salanon, leur train de vie et celle de leur famille et leur propension subite à distraire de l'argent avec leurs proches pour soutenir le blanchiment d'argent en vertu des dispositions de l'article 7 de la loi sur le blanchiment des capitaux.

Le verdict de la CRIET est tombé

Pour les préjudices, l’avocate de l’Etat se fonde sur l'article 4 alinea 3 code de procédure pénale. Elle fait le constat admis de tous de la disparition de quatre milliards cent neuf millions sept cent soixante-huit mille sept cent quatre (4 109 768 704) F CFA des caisses de la DGI. Elle réclame pour l'ensemble des préjudices subis par l'État, plus de 7 milliards F CFA. Le ministère public, dans sa réquisition, est venu asséner l'estocade à Carlos Adohouannou et Blaise Salanon. Il a requis pour chacun d'entre eux, la réclusion criminelle de 30 ans et 1 milliards de francs CFA d'amendes avec confiscation de tout les biens. Le ministère public a été cependant clément pour les autres prévenus.

Une condamnation de 5 ans et une âme de 2 millions sont requises pour Marc et Gisèle Salanon. L'acquittement a été requis pour les autres prévenus.

Il est également requis contre Carlos Adohouannon et Blaise Salanon, le paiement 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗶𝗿𝗲 d'une amende de 𝟳 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀 𝗱𝗲 𝗙 𝗖𝗙𝗔..

Après les plaidoiries de la défense des prévenus, la cour s'est retirée pour délibérer. Son verdict est allé dans le même sens que les réquisitions du ministère public. Elle a été indulgente vis-à-vis de Gisèle Salanon également acquittée.

Souleyman BILHA/ Nouvel ETALON

Le verdict de la cour

Carlos ADOHOUANNON : Réclusion criminelle de 30 ans et 1 milliard de francs CFA d'amende avec la confiscation de tous ses biens

Blaise SALANON : Réclusion criminelle de 30 ans et 1 milliard de francs CFA d'amende avec la confiscation de tous ses biens 

Marc SALANON : 5 ans de prison ferme 

Gisèle SALANON : acquittée au bénéfice du doute 

Lambert ABLEY : acquitté au bénéfice du doute 

Victorine HOUNNOU : acquittement 

 Paul EDOH : acquitté au bénéfice du doute 

Romain AHOUESSOU : acquitté au bénéfice du doute