BÉNIN/ JUSTICE/AFFAIRE DISPARITION DE 4 MILLIARDS À LA DGI: Le cerveau du coup éclabousse toute sa hiérarchie
(Ministre, DGI, DGR abondamment cités)

La deuxième journée de l'audience du procès relatif à la disparition de 4,1 milliards des caisses de la Direction Générale des Impôts (DGI) s'est déroulée le 21 janvier à la CRIET avec la comparution à la bare de Carlos Adohouannou, le présumé cerveau de la prévarication.
L'ex-régisseur de la Direction générale des Impôts est monté au prétoire à la Cour de répression des Infractions économiques et du Terrorisme (CRIET) pour donner sa version des faits. D'entrée, il a tenu à lever tout équivoque, en soulignant qu'après cinq années de détention, qu'il ne garantit plus de la fidélité de sa mémoire. Il s'est gardé d'avancer un chiffre devant la cour sur le montant exact de la somme contenue dans le caveau de son coffre fort au moment de sa prise de service. Mais par contre, il refuse d'endosser, toute responsabilité de disparition d'argent au moment où il était en poste à la régie financière de la DGI. Il ne reconnaît pas de disparition d'argent. Il parle plutôt d'irrégularités dans l'application des manuels de procédures de la DGI. Il estime qu'il est un procédurier. Il attache du prix au respect des règles de l'orthodoxie financière. C'est cette vocation chevillée au corps dont-il fait preuve qui l'a amené à vouloir de son administration, le respect des dispositions de la loi des finances exercice 2018, qui bannit le prélèvement à la source. La loi dispose que toutes les structures qui collectent des charges fiscales et des redevances pour l'Etat ne doivent faire aucun prélèvement sur les fonds collectés.
Son attachement au respect de cette nouvelle disposition de la loi l'a mis en conflit avec sa hiérarchie. Il a été dessaisi de certaines de ses prérogatives confiées au Directeur de la gestion des ressources. «Lorsqu'on doit émettre des chèques, le DGR me demande de faire le point de ce qui doit être payé. Je fais ensuite le versement sur le compte afin que les chèques puissent passer. C'est compte tenu de mes points qu'ils émettent des chèques. Depuis 2018, la pratique instaurée est restée ainsi à cause de l'impasse provoquée par la nouvelle loi des finances» dit Carlos Adohouannou dans sa déposition avant de renchérir. «Début 2019, j'ai produit le point d'exécution du budget FSE Gestion 2018, transmis à nos supérieurs hiérarchiques, notamment le DGR et le DGI». Du point fait, il ressort suivant les déclarations de l'ex-régisseur que le montant total des frais de pénalités collectés s'élève à un montant de 2,5 milliards.
Il s'est lancé ensuite dans une longue déclaration alambiquée faite des échanges entre le Directeur général de la DGI et l'autorité de tutelle, le ministre des Finances et de l'Economie. Il évoque aussi des instructions reçues de sa hiérarchie pour des transferts financiers suspects auxquels il s'est fermement opposé.
Il parle tantôt d'un transfert d'un montant de un milliard. Il revient dire que le point fait à son niveau sur le montant total à sa disposition dans le coffre fort de la DGI est de 4 milliards. Il dit avoir fait sur instruction de ses supérieurs pour des raisons dont il n'a pas été informé, un rapatriement de 3,8 milliards sur le montant contenu dans le coffre. Il ajoute avoir mis plus tard, les 200 millions restants en lieu sûr dans son bureau. Il a dit qu'il s'est laissé convaincre par ses supérieurs en produisant des écritures financières pour couvrir la prévarication. Dans les irrégularités dénoncées, Il a fait peser des soupçons sur ses supérieurs hiérarchiques dont-ils a bonnement cité les noms à la barre.
Après avoir baigné dans les malversations financières, il aurait flairé, un coup fourré de ses supérieurs pour lui faire porter le chapeau. D'où, il a pris la clef des champs et est resté porté disparu jusqu'à son arrestation à Dakar au Sénégal et son extradition à Cotonou au Bénin.
Souleyman BILHA/ Nouvel ÉTALON
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